Joan Jara, la valerosa
De mirada transparente
Llega al final de un camino
De mujer fina y valiente.
Con su voz suave y tranquila
Es de Víctor la memoria
Su corazón sin rencor
Quedara inscrito en la historia,
Luchó con sus manos limpias
Contra mentiras y escorias.

Intransigente actitud
Para encontrar la verdad
Alumbraron el sendero
Tu valor y soledad
Fundido en ti su recuerdo
Víctor vuelve a florecer
Gracias por darle la vida
Fue mucho más que un deber
Cuanto amor guarda tu pecho
Bello ejemplo de mujer.

Levanto mi copa azul
Por esta mujer chilena
Ejemplo, perseverancia
Y roja sangre en sus venas.
Como el vino de Chillán
Baja de la cordillera
Para hacernos recordar
Melodías de Inglaterra
Oigo la voz del cantor
Fragancias de la verbena.

Para Joan con todo mi cariño.

Ángel Parra.
31 de mayo de 2009, Paris.

Eduardo Parra querido
Desde Paris te saludo
A pesar que tengo un nudo
En la garganta escondido
La muerte con sus bramidos
Te llevó en semana santa
Diciendo este viejo canta
Hasta la resurrección
La fiesta va estar re buena
Pongámonos en acción.

Pongámonos en acción
Que sea como dios manda
Invitemos a la Amanda
Que compuso una canción
En homenaje a don Lalo
Que vengan los car ‘e palo
Pero que traigan gloriao
Gritaba un viejo pelao
Con la pata en el cajón.

Con la pata en cajón
Se han de pagar los pecados
En la tierra esta probado
Porque el infierno no existe
Si el canario pide alpiste
Es por que llegó el guapo Parra
Señora ponga una jarra
Pa que tomen los torrantes
Pan amasado y picante
Pa que esto parezca farra.

Yo me lo llevo contenta
Dijo la muerte encantada
Entre cuecas y tonadas
Me enseñará a improvisar
A lo humano a lo divino
Porque el cielo está latoso
Vamos canten los rotosos
Porque llegó un caballero
Guante corbata y sombrero
Primer misterio gozoso.

Por fin va la despedida
Lalo parra Sandoval
Fuiste en la vida derecho
Un hombre a carta cabal
Regalón de las chiquillas
Generoso con tu gente
En las tinieblas valiente
Como te enseñó tu paire
Te levanto un monumento
Hecho de estrellas y de aire.

Paris el 9 de abril, décimas para mi viejo tío querido.

L’écrivain chilien Angel Parra.

Il appartient à la mémoire de ceux qui se souviennent d’un certain 11 septembre, celui de 1973, du bruit sourd des chars dans les rues de Santiago du Chili, des avions qui bombardent le Palais de la Moneda, du suicide du président Salvador Allende. Le coup d’Etat du général Pinochet, mené avec l’appui des Etats-Unis, brisera dans le sang l’expérience du gouvernement de l’Unité populaire. Déportations, assassinats, disparitions ont plongé ce pays dans la douleur. Parmi les voix de ce Chili qui avait rêvé d’un possible changement, il y avait celle d’Angel Parra, chanteur.

Aujourd’hui, il se moque tendrement de la propension des Chiliens “à ressasser sans cesse” : “C’est dans notre nature. Nous sommes un peuple qui a toujours souffert.” Des souffrances, il en a eu son lot : interné au Stade national de Santiago, torturé, puis déporté pendant presque un an dans le camp de concentration de Chacabuco, dans le nord du pays, libéré grâce à l’intervention, entre autres, d’Yves Montand, de Charles Aznavour et de Joan Baez, et puis l’exil à Paris.
Il n’a rien oublié de tout cela, paraît apaisé quand-même, heureux, joyeux : “J’ai 64 ans, mon âge est le meilleur ami de ma vie.” L’écriture lui a sûrement apporté cette sérénité. Il s’y est mis sur le tard.

“Enfant, ma mère m’appelait « tortuguita”, petite tortue, parce que j’allais toujours lentement.” Il vient de publier, aux éditions Métailié, son premier roman, « Mains sur la nuque » (140 p., 16 €), récit du coup d’Etat vécu par Rafael, embarqué sans trop savoir pourquoi dans cette barbarie. Pour résister, le jeune homme raconte des histoires insaisissables où se mêlent imaginaire et humour. “Car l’humour libère l’esprit”, dit-il.

Il y aurait donc deux Angel Parra : le chanteur à la voix grave et engagée et le romancier à la plume légère et tendre. “Ce sont les différentes cordes d’une même guitare”, répond-il. Il reconnaît que ses chansons ” ont longtemps été au service de (ses) idéaux” et qu’il a fini par “reconnaître les faiblesses des discours, même si c’est douloureux de le découvrir”.

Son père, Luis Cereceda, cheminot, était membre du Parti communiste. A 12 ans, Angel “entre en politique”. C’est la seule école qu’il fréquentera. Pas de primaire, pas de secondaire, quelques fois l’université, “juste pour y chanter”. Parents séparés, il a été élevé par sa mère, Violeta. « Elle m’a tout appris.” Il a pris son nom.

Violeta Parra a inventé la nouvelle chanson chilienne, nourrie de musiques traditionnelles, de gens de tous les jours et de mots de lutte et d’amour. Poète et musicienne, elle a incarné la culture populaire chilienne. “Violeta Parra, c’est comme Edith Piaf en France”, résume Wiaz, dessinateur au Nouvel Observateur et ami d’Angel.

Il l’a rencontré à Santiago, en 1972, à la Peña de los Parra, qu’Angel et Isabel, sa soeur aînée, avaient ouverte en 1964. Violeta s’y était produite. Victor Jara aussi, qui a été assassiné par les militaires, ou le groupe Quilapayun, qui après le 11 septembre 1973 a battu les estrades de France avec ses ponchos noirs.

Le poète Pablo Neruda, l’écrivain argentin Julio Cortazar et tout ce qui comptait alors dans la vie artistique de Santiago venaient applaudir ou, plutôt, à cause de voisins insensibles à la musique, claquer des doigts. “On aurait dit l’envol de papillons”, sourit Angel Parra.

Wiaz a été le témoin de mariage d’Angel et de Ruth, une journaliste d’origine allemande. C’était plus tard, à Paris, après la prison et les sévices. Il dit s’en être sorti grâce à Ruth. Il a pu retourner au Chili, y retourne encore trois ou quatre fois par an pour voir son fils, Angel Parra, guitariste de jazz, et Javiera, sa fille, “princesse du rock”, et cet “autre pays désormais”. Là-bas, il est toujours proche du PC, par fidélité à son père, “et parce qu’ils sont de moins en moins nombreux”. A Paris, où il vit, il est “Ségolène”.

Wiaz et Parra déjeunent parfois ensemble : “J’aime sa force de vie, sa permanence vers l’avenir, confie le dessinateur. »Pour le taquiner, je lui dis qu’il va devenir le Compay Segundo du Chili.” Dans le petit appartement du 14e arrondissement où Angel Parra travaille à son prochain roman, une photo le montre en compagnie du chanteur cubain, mort en 2003. Elle a été prise par Wiaz.

L’album affectif d’Angel Parra comprend aussi Pablo Neruda, qui lui avait offert ses textes pour en faire des chansons, et qu’il trimballait par les rues de Santiago dans sa 2 CV : “Don Pablo était déjà assez fort, la voiture penchait sérieusement.” Il y a encore Atahualpa Yupanqui, poète et chanteur argentin exilé à Paris : “Au début des années 1960, on se retrouvait dans un bistrot.” Ou l’écrivain chilien Luis Sepulveda…

Il y a surtout Violeta, toujours au détour de sa mémoire, au coin d’une histoire. Comme en cette année 1962 où, invitée à se produire à un festival de la Jeunesse du monde à Helsinki, elle emmène sa fille et son fils. Quand la fête est finie, Isabel et Angel partent en Pologne, passent par la RDA, “pour ramasser des pommes de terre”, rejoignent Paris, où ils se produisent dans un cabaret. “Un soir, un type nous dit qu’une Chilienne chantait à quelques rues. C’était notre mère.”

En avril 1964, les tableaux de Violeta Parra, car elle était peintre aussi, sont exposés au Louvre. “Elle était la première artiste sud-américaine à être ainsi reconnue”, dit avec fierté son fils. Ces mêmes œuvres vont être installées à demeure dans une salle du palais de la Moneda, “celui qui a été bombardé par des avions chiliens commandés par des pilotes américains”. Le vernissage est prévu le 4 octobre : “C’est le jour de son anniversaire. Elle aurait eu 90 ans. C’est aussi quarante ans après sa mort.” Violeta s’est suicidée le 5 février 1967.

Angel a écrit un livre, non traduit, sur sa mère, « Violeta se fue a los cielos (“Violeta s’en est allée aux cieux”), et le réalisateur chilien Raul Ruiz va en faire un film. “Une mère comme celle-là marque à vie, constate Anne-Marie Métailié, son éditrice. Elle a ouvert Angel à la liberté. Cela qui a permis de résister aux épreuves, d’avoir de l’ironie vis-à-vis les choses du monde, sa forme de politesse.”

Quand il était détenu au camp de Chacabuco, Angel Parra avait obtenu l’autorisation des militaires de monter une chorale. Un dimanche matin, les prisonniers ont chanté l’Hymne à la joie.

Bruno Caussé – LE MONDE

“El Estado cubano tiene que ser modernizado; hay que abandonar la retórica autocomplaciente de la que los jóvenes se distancian”

Silvio Rodríguez (Cuba, 1946) sigue siendo un cantautor revolucionario. Su compromiso con el socialismo está fuera de duda. Pero el autor de Ojalá reclama cambios a su gobierno. Sin premura, pero sin demoras que pongan en peligro lo conquistado. El trovador cubano pide el fin de las restricciones a los viajes y una modernización del Estado.

¿Qué prepara en este momento?

Trabajo en la posproducción de dos DVD: uno recoge un concierto que regalamos al pueblo de Santo Domingo en 2007, en el estadio de béisbol de la capital. El otro es un concierto de mayo de este año, en el teatro Karl Marx de La Habana. En ambos casos los músicos que me acompañan son el trío Trovarroco, Oliver Valdés y Niurka González. El primer DVD lo está realizando René Arencibia; el segundo, Lester Hamlet, con quien también colaboro en un documental sobre la gira por prisiones que hicimos un grupo de escritores y artistas, entre enero y mayo de 2008. Estoy componiendo canciones para el primer largometraje de animación en 3D que se hará en Cuba. Se trata de un proyecto del realizador Ernesto Padrón sobre el cuento de magia Meñique (de Laboulaye), del que José Martí hiciera una versión muy hermosa. Además estoy componiendo y grabando temas para un posible disco, que supongo
verá la luz en 2009.

¿Cómo encuentra el panorama musical en Cuba, en general, y el de la trova en particular?

Nunca han existido más orquestas y bandas en Cuba que ahora mismo. Hay contratiempos, pero las agrupaciones aumentan en todas las manifestaciones musicales. Desde que se gradúan, los músicos de conciertos confrontan la necesidad de instrumentos, generalmente difíciles de conseguir, sobre todo de calidad profesional; también escasean los recambios, y además en Cuba hay pocos luthieres. Si se trata de una orquesta grande, como las sinfónicas que hay en varias provincias, requieren de locales de ensayos amplios y luego de teatros con ciertas condiciones. La música llamada popular también confronta angustias, pero crece. Pese a las dificultades materiales la música cubana siempre se está reinventando con creatividad. Ahora mismo no es una excepción. Siguen existiendo problemas con las bandas de rock; pero al parecer es más por indisciplinas sociales que ocurren en torno a los conciertos que por prejuicios con la música.

La trova continúa haciéndose en guetos, como ha sido siempre. La mayoría de los trovadores se la pasan componiendo maravillas, hasta que un día una canción da un salto y los identifica. Buena parte de la trova tradicional sobrevivió gracias a sus admiradores, que prestaron sus salas y sus patios para que se cantara. El feeling trascendió por los intérpretes de la canción romántica, mientras los compositores descargaban en lugares oscuros, a veces molestados por borrachos. La nueva trova por poco no fue frustrada al nacer, pero tuvo apoyo de muchos jóvenes y de instituciones como Casa de las Américas y el ICAIC. Los trovadores actuales han sobrevivido por el Centro Pablo de la Torriente Brau. Allí, en su patio de la calle Muralla, en La Habana Vieja, han cantado muchos y han sido grabados sus conciertos. Tener un lugar de confluencia les ha permitido intercambiar ideas y organizarse un poco; gracias a eso ahora sabemos de muchas peñitas diseminadas en diversos rincones de la ciudad.

¿Hasta qué punto cree que las deserciones afectan a la música y el arte cubanos?

Es un mito que Cuba sea el país Latinoamericano de más emigrantes. De Cuba se va un 8 %. De varios países de la región emigra desde un 9% hasta un 20%. Aunque fueran menos, me dolerían las ausencias, sobre todo las económicas. Viéndolo como impacto en la cultura, somos un país con una gran capacidad de auto-reparación. El talento del cubano y las escuelas de arte han hecho un dueto imbatible.

Hace pocos meses participó en una gira por las cárceles cubanas. ¿Qué enseñanzas extrajo? ¿Cómo encontró el trato que los presos reciben del Estados y las autoridades?

Una enseñanza fundamental se la escuché decir con modestia, pero con sabiduría, a los trabajadores de las Prisiones: “Ninguna cárcel es buena”. Sin perder de vista esa certeza, en las cárceles cubanas hay realidades que rompen los esquemas y muchos prejuicios. Para ser presidios de un país del tercer mundo y para colmo bloqueado, se ven experiencias de rehabilitación asombrosas, lamentablemente poco conocidas. Discutí mucho con las autoridades de prisión sobre la necesidad de divulgar esos logros. No era la primera vez que hacíamos una gira por prisiones; en esta ocasión el hecho fue más publicitado, creo que para bien. Quizá por eso nuestra visita dio lugar a ciertas mejoras materiales, al menos en las 16 cárceles que visitamos. El arte se genera en una parte inaprensible del ser humano; en todos los presidios nosotros compartimos la escena con los reclusos y con los custodios. Allí descubrimos aficionados con vocaciones muy fuertes.

Hace poco leí que una orquesta sinfónica de Madrid había empezado a visitar algunas prisiones españolas. Traté de seguir la secuencia, pero fue una noticia solitaria. Aún así me sirvió para pensar en la posibilidad de hacer lo mismo aquí, cuando superemos los desastres que nos dejaron los ciclones.

¿Cómo ve las tendencias, los gustos y las modas musicales de las nuevas generaciones?

Creo que siempre he estado algo desfasado respecto a algunas manías momentáneas. En mi juventud escribí una canción llamada Aunque no esté de moda. El sábado pasado encendí la televisión y, en un programa de horario estelar, vi un montón de caras completamente nuevas para mí. La tendencia musical que parece predominar es la de largos discursos sobre ritmos hipnóticos. Yo mismo tengo un hijo que hace rap. El actúa en las afueras de La Habana, en eventos medio clandestinos que hacen los jóvenes en las playas. Me da igual el estilo que adopte, siempre que lo anime un espíritu artístico, como es su caso.

Todas las épocas tiene sus corrientes y desagües. Lo valioso comienza confundido entre el montón, quemándose en el crisol de la perseverancia. Lamentablemente no sólo queda hojarasca en el camino; también caen talentos que no tuvieron suerte o la consistencia necesaria. Es muy importante que los jóvenes artistas se cultiven y que no paren de superarse. Las instituciones culturales debieran estar llenas de personas cultas, de expertos detectores de talentos para prestar ayuda a los jóvenes.

Los medios y las nuevas tecnologías de la comunicación han hecho a Cuba más permeable a consumos que durante años se venían rechazando. Esto incluye a la cultura. ¿En qué medida considera estas influencias positivas y en qué modo le parecen negativas?

En lo personal veo como positivo lo que me libera, pero no a tontas y a ciegas, porque hay ensanchamientos que son anzuelos para incautos. Entiendo que Ud. me habla de que la tecnología puede introducirnos hábitos de las sociedades de consumo y yo parto de que es necesario –inevitable- aprender el mundo, con defectos y todo. Por conocer la diversidad se llega a saber que no todo lo que hace otro es bueno para uno mismo. Tampoco es secreto que los llamados “medios” suelen responder a los intereses que dominan. Las tradiciones –las culturas, las ideologías- se defienden justificándose y descalificando a quienes no acatan sus normas. Una característica de la llamada “cultura occidental” es su fanatismo por la tecnología. Los que no lucen el último artificio son vistos, al menos, con lástima. Pues yo no le encuentro sentido a la tecnología por la tecnología, y tampoco al consumismo desenfrenado. Son hábitos que están agotando los recursos y dejando sin futuro a nuestros hijos. Sin embargo la tecnología puede estar en función del mejoramiento humano y de la forma de ser de cada cual.

Décadas de bloqueos y restricciones pueden propiciar deslumbramientos. Pero que podamos ser ingenuos no quiere decir que la tecnología adolece de un pecado original. Porque la inteligencia también puede reformular los avances –cualquier conocimiento- en función de la
propia identidad.

En el reciente congreso de la Unión de Escritores y Artistas Cubanos se debatió largo y tendido sobre el trabajo artístico y su remuneración en Cuba. Según se mire, y según los casos, algunos artistas cubanos pueden parecer injustamente tratados o, por el contrario, como privilegiados. Pero éstas son visiones desde fuera.

¿Cuál es la suya desde dentro?

El mundo del espectáculo está universalmente sobredimensionado, muy especialmente la industria de la música, que genera toneladas de dinero. Pero en Cuba, a pesar de sus valores, la mayoría de los músicos tiene que esmerarse para vivir al día. En nuestro país sólo la música bailable y algunos artistas plásticos consiguen ser solventes. Los otros pocos artistas que vivimos mejor hemos obtenido estabilidad económica por nuestro trabajo ocasional en el exterior. Por su parte grandes actores han tenido que trabajar como boteros (taxistas); otros han emigrado para sobrevivir (también los hay que no han soportado vivir afuera ni con éxito). Los escritores y los cineastas, desde antes de la Revolución, han sufrido limitaciones económicas. Pero este problema no es sólo del sector cultural, que además es uno de los mejor pagados del país. Tenemos deudas de retribución, por ejemplo, con los profesionales, con los deportistas, con todo el pueblo.

El congreso de la UNEAC fue significativo porque, después de un largo período de aparente apatía, se juntaron muchos intelectuales a tratar de empujar el carro de la sociedad. A mí me parecieron trascendentales las observaciones sobre el deterioro de algunas zonas del sistema educacional, que es una de nuestras glorias sociales. Porque resulta que actualmente la enseñanza, incluso la artística, es uno de los trabajos peor remunerados. Y es más que justo invocar la dignificación del trabajo cuando se trata de un drama nacional.

En ese congreso se habló de “los hijos que están fuera”. Es un asunto que linda con el de los problemas para salir del país, causados en gran parte desde fuera pero también desde dentro. Hace unos meses usted se pronunció en contra de distintas restricciones en la Cuba de hoy. Algunas se han levantado, pero otras siguen ahí, entre ellas las relativas a las salidas. ¿Cree que hay un freno, como dicen algunos comentaristas foráneos?

Desde sus comienzos se viene diciendo que la revolución es voluntaria. En nuestra isla todas las familias están rotas por alguna parte. No hace meses sino años que me pronuncio pública y privadamente sobre cuestiones que considero urgentes, como lo es eliminar el permiso de salida y entrada de los naturales cubanos a su país. Ese trámite fue una solución coyuntural de hace décadas; hoy parece más una restricción a los derechos ciudadanos y creo que sobra. Circulan diversas hipótesis de por qué no se acaba de tomar la medida, pero el gobierno es cauteloso con el tema. Este tipo de restricción a la libertad encaja divinamente en la mala fama del llamado socialismo real. Yo soy de la opinión de que romper con ese tabú sería muy positivo para la salud del socialismo, incluso del cubano.

¿Qué otras cosas habría que cambiar?

Creo que el estado cubano tiene que ser modernizado. Nos redujeron a ser una plaza sitiada y eso contribuyó a nuestro encapsulamiento, pero ahora pesa el exceso de centralización. Se crearon fórmulas que funcionaron en las condiciones de antaño y el cuestionamiento de esas fórmulas continuó siendo responsabilidad de pocos. Cuando son juez y a la vez parte, hasta las verdades más puras corren el riesgo de irse volviendo autocomplacientes. Esto va creando una retórica oficial que hasta por estética distancia a las nuevas generaciones de las esencias; se da lugar a vicios, a nuevas formas de corrupción, a oportunismo, a demagogia.

Hay dos cosas que necesita una sociedad: una es generar entusiasmo y la otra es ofrecer seguridad. A veces ocurre la maravilla de ver estas dos virtudes juntas: para las generaciones anteriores el entusiasmo lo producía la confrontación con las fuerzas que negaban a la Revolución ―que a su vez le aportaba seguridad al pueblo, haciéndole justicia. Las nuevas generaciones viven en otra realidad: la justicia por la que antes se luchaba ahora está institucionalizada. Algunos jóvenes sólo sienten las incomodidades de vivir en un país donde casi todo escasea y con demasiados absurdos administrativos. Para ellos lo foráneo llega a convertirse en quimera. Por su parte los enemigos ya no necesitan desembarcar en nuestras playas: saben que el bloqueo nos hace más daño que cualquier invasión y además han tejido una vasta red de propaganda, a través de la prensa e Internet. Ante una agresividad que ha sabido evolucionar con los tiempos, a veces las defensas del gobierno parecen obsoletas.

A mi modo de ver el centralismo debe ser superado por un sistema más pragmático y maduro. Ya sé que con premura no se puede desenredar una madeja. Ante tanta hostilidad cualquier paso trascendente es más riesgoso que cuando la Revolución era joven. Pero quizá de eso dependa que tantos sacrificios no se malogren.

¿Es usted partidario de una mayor apertura política y/o económica? ¿Con qué límites? ¿No hay un mayor apremio tras el devastador paso de dos ciclones?

Cuba ha estado siempre en el centro de ciclones más feroces que el Gustav y el Ike, sin desdorar la crueldad de esos meteoros. Quienes nos asfixian nos han hecho más daño que todos los huracanes. Fíjese que en los primeros días del desastre, salvo honrosas excepciones amigas, incluyendo la de España, la solidaridad con Cuba parecía cicatera, cuando no una formalidad. Aún así, en los lugares más golpeados no se ha parado de trabajar durísimo y los que lo han perdido todo mantienen la confianza en su país, por los principios de solidaridad que siempre practicamos. Ante una tragedia como esta deseo menos que mi país retroceda a un sistema que estimula el egoísmo, la futilidad y la explotación; un sistema que ahora mismo está dando serias señales de fracaso. Si no fuéramos socialistas esto nos hubiera costado miles de vidas y muchas más pérdidas materiales.

Por experiencia propia sé que el socialismo puede haber muchos absurdos, pero entre dos sistemas imperfectos escojo el que apuesta por la solidaridad humana, por la igualdad de oportunidades a los que nacen, tengan la cuna que tengan. Claro que quisiera que el socialismo cubano evolucionara hacia formas más participativas y democráticas, lo que yo entendería más como profundización que como apertura.

Al respecto, el gobierno cubano acaba de plantear, al menos verbalmente, la posibilidad de que los cubanos incrementen sin límites sus salarios, en la medida en que trabajen más. El estado cubano se declara dispuesto a remunerar el esfuerzo laboral sin poner techo. Creo que ahora debiéramos facilitarle el camino al trabajo.

Más en particular ¿Qué les pediría a Raúl y Fidel?

No creo que envíe mensaje alguno a través de un periódico, ni siquiera de Granma. No me gustaría que Fidel o Raúl, entre los papeles que les ponen a diario sobre sus mesas, encontraran una nota periodística con un mensaje mío. Comprendo que los medios pueden llegar casi a todas partes, pero lo que necesito hacer saber lo canto o lo escribo. Así que seguiré corriendo el riesgo de que un cuadro con iniciativa “me suspenda la función” o “me archive en copias y no en originales”.

¿Cuál es su balance de 50 años de revolución?

Puedo resumirlo preguntándome cuánta gente pasa por la vida sin encontrarle sentido a la existencia, sin una razón de ser, sin un trazado mínimo de coherencia. Ser hijo y ser fiel a un pueblo como el cubano es de las mejores vidas que se puedan tener. Ese ha sido uno de mis privilegios y el de muchos de mi generación. Así que mi recuento puede que no sea ideal, pero es satisfactorio.

¿Por qué no repitió como candidato a diputado nacional del Poder Popular?

Empecé en la cuarta legislatura, en 1993, a principios del llamado Período Especial, justamente cuando se derrumbó el campo socialista y se anunciaba que la Historia había terminado. “Si entonces escribí la canción El necio (de compromiso y lealtad a la Revolución), lo más consecuente era responder al llamado de mi país cuando fui elegido sin haberme postulado. Un lustro después acepté integrar la quinta legislatura y otro más tarde la sexta, lo que hicieron un total de 15 años como Diputado a la Asamblea Nacional del Poder Popular. Honor para mi currículo y suficiente tiempo para alguien como yo, sin vocación de político.

¿Qué cabe esperar de un cambio en la presidencia de Estados Unidos? (Si gana Obama / Si gana McCain)

Hay quienes dicen que a la larga los republicanos resultan para Cuba más benévolos que los demócratas. A mí me parece que, gane quien gane, la tarea que tiene el próximo presidente es formidable: recuperar no sólo la confianza internacional en los Estados Unidos, sino la de sus propios ciudadanos en la seguridad de su sistema. Ojalá se imponga Obama, para bien de su pueblo y para que el acto de ganar un afroamericano sea una contribución a ese mundo nuevo que prometen.

El mundo vive horas de cambios y turbulencias, unas más inquietantes que otras. ¿Cómo ve usted el futuro?

Veo con esperanza los procesos de izquierda en Latinoamérica. Confío en que no cometan nuestros errores; se lo dije una vez al presidente Chávez. Confío en que cada vez más haya un frente común y en que consigamos convertirnos en un haz de naciones hermanas y solidarias, para que el sueño de Bolívar, de Martí y de tantos próceres se realice. Ojalá más temprano que tarde exista una Unión Latinoamericana y del Caribe, como hoy existe una Unión Europea.

Espero que las agresiones se acaben en todo el mundo; que regresen a sus hogares los jóvenes que fueron enviados a matar y a morir por causas más que dudosas. Espero que israelíes y palestinos consigan entenderse y se acabe esa vendetta que atraviesa los siglos y que es dolor de tantos. Espero que se deje de gastar en armas y que todo ese dinero se invierta en salud y en educación para los países del tercer mundo, muy especialmente para África, donde existe una pobreza inadmisible para vergüenza de la humanidad.

Espero que todos los niños que nazcan, sin excepción, tengan derecho a la vida, a los alimentos, a la salud, a los estudios y más tarde al trabajo. Espero que el concepto de minorías étnicas desaparezca como forma de discriminación, que todos tengamos los mismos derechos y seamos considerados iguales, por encima de géneros, razas, credos, preferencias sexuales, etcétera y etcétera. Espero que crezca la conciencia ecológica y el poder para detener la depredación ambiental, de modo que paremos la destrucción de nuestro planeta. En estos días cada vez más analistas coinciden en que está comenzando otra Gran Depresión y que después ya nada volverá a ser igual. Espero que los pobres no paguen una vez más la irresponsabilidad de los ricos. Espero que Estados Unidos levante su bloqueo contra Cuba.

Soy una rara combinación de pesimista con utópico. Tengo muy mala puntería cuando anuncio mis esperanzas. Muchas veces digo que va a pasar algo y ocurre lo contrario. Esto me ha hecho supersticioso con mis propios deseos. Y para que vea que es cierto, o sea invocando el reverso de lo que digo, voy a terminar diciendo que el futuro del mundo es el infierno.

por Fernando García

Querido Víctor:

Me despierto con ganas tremendas de escribirte para contarte lo que me sucedió anoche 24 de diciembre. Serían como las 12:10 cuando sonó el teléfono, nosotros dormíamos profundo, lo de siempre cuando te despiertas antes de haber terminado su noche, ¿quién será? ¿Porqué tan tarde? etc. La llamada era de Chile, para decirme que formaba parte de los perdonados, que era parte del paquete de regalo de pascua que la dictadura ofrecía este año.

La voz querida de mi hermana sonaba radiante, ¿te acuerdas Víctor de su voz? ¡Se te acabó el exilio hermano, se te acabó el exilio! Por un segundo compartí de corazón su alegría, la alegría de tantos otros que pelean todos los días a brazo partido por el fin del exilio y que en mi caso consiguieron mi perdón. Perdón, ¿pero de qué, Dios mío me pregunto?

¿Me están perdonando tus 40 balas por la espalda?

¿Mi padre a quien no volveré a ver?

Ellos me están perdonando nuestros 30 mil muertos y ¿el río Mapocho ensangrentado? Me perdonarán acaso los cadáveres que traía el Renaico en Mulchén? ¿Los fusilados de Calama (al quinteo, es decir 1-2-3-4-5-tú), el director de la Sinfónica Infantil de La Serena? ¿El padre Jarlan símbolo de los pobladores torturados violados relegados expulsados encarcelados desaparecidos? ¿Carmen Gloria, Rodrigo?

Parece que debo hacer una reverencia y agradecer el perdón. aquí no ha pasado nada y tan amigos como antes.

¿Qué te parece Víctor? A veces pienso que es mucha la generosidad, y que soy un mal agradecido. Me perdonan Marta Ugarte, Tucapel, el Chino Díaz, Weibell, los degollados, Pepe Carrasco, Corpus Cristi y yo no se agradecer.

¿Me siguen perdonando los cinco jóvenes desaparecidos en septiembre del’87, mi pueblo hambriento, la cesantía, la Prostitución infantil y este nudo en la garganta permanente desde hace 14 años también me lo perdonan? Me pregunto si en este gesto están incluidos mis amigos muertos en el exilio, Lira Massi, Ramírez Necochea, Guillermo Atias, Vega Queratt.

Estas en la lista, cual lista, la de los que pueden reír pensar, circular, amar, morir, vivir?

En fin Víctor amigo, mucho tiempo que quería escribirte pero ya me conoces soy un poco flojo. Te contaré que estoy componiendo mucho, entre merengues, tonadas, cumbias y cuecas, oratorios y pasiones, el tiempo pasa y se queda inscrito en el alma.

Quiero hablarte un poco de mi mujer a quien no conociste, pero conocerás algún día o no, mejor lo verás en ella cuando llegue el momento. Ella me ha dado algo que yo no sé como se llama, pero que se traduce en una cierta seguridad equilibrio y alegría de vivir, la misma que tú tenías junto a tu mujer. Me acuerdo perfectamente de tu claridad y seguridad en tus pasos, aventuras y destinos. Y eso se reflejaba en tu trabajo, el teatro, la peña, el partido, los sindicatos y los amigos. Siempre tenías tiempo para todo (yo me cansaba de mirarte). Me acuerdo que la Viola me decía, aprende, aprende. Espero haber aprendido algo.

Por ejemplo :

La humildad, el heroísmo no se venden ni se compran que la amistad es el amor en desarrollo que los hombres son libres solamente cuando cantan, flojean o trabajan chutean el domingo la pelota o se toman sus vinitos en las tardes le cambien los pañales a su guaguas distinguen las ortigas del cilantro cuando rezan en silencio porque creen y son fieles a su pueblo eternamente como tú y como miles de anónimos maestros somnolientos de domésticas, mineros, profesores, bailarinas, guitarreras de la Patria. También quiero decirte al despedirme que París está bello en este invierno que no acepto los perdones ofrecidos que mi patria la contengo en una lágrima que vendré a visitarte en primavera que saludes a mis padres cuando puedas que tengo la memoria de la historia y que todo crimen que se haya cometido deberá ser juzgado sin demora que la dignidad es esencial al ser humano que el año que comienza será ancho de emociones esperanzas y trabajos sobre todo para Uds. Víctor Jara que siembran trigo y paz en nuestros campos.

Ángel Parra, París, diciembre 1987.

Domingo cinco de febrero de mil novecientos sesenta y siete. 14 horas. La detonación debe haberse escuchado desde lejos. O tal vez no. La pistola era de bajo calibre. Drástico fin de todos sus tormentos. Drástico. Como le gustaban las cosas a ella.
A través de ese pequeño orificio se le fue la vida. Y con ella, los pájaros azules y rojos, dijo Atahualpa, mi viejo maestro; ya no le cabían en el alma. Por ese pequeño orificio entró a la historia. Como siempre, el consabido cuento de que los artistas deben morir para ser plenamente reconocidos.
Los vecinos preparaban el asado del domingo y seguro tenían dos o tres aperitivos en el cuerpo.
Tal vez el estampido, o como decía su hermano mayor, el pistoletazo, debe haber sonado como una puerta que se cierra con violencia. Prefiero la palabra estampido. Aquel sonido que coincidió con el entrechocar de las copas, no se oyó, felizmente para ellos; estaban de fiesta, un cumpleaños, la graduación del hijo, el intercambio de anillos de la hija mayor.
No me gusta la palabra pistoletazo, la palabra estampido me hace pensar en llanuras repletas de caballos desbocados.
Libertad total en el espacio, sin restricciones. Así me imagino el suicidio, el acto mismo. Echar a galopar todos los caballos frenados, retenidos, maneados. Potreros plenos de alfalfa verde, cascos enterrándose en el barro blando por la humedad del rocío, en galope desenfrenado. Caballos alados que, ahora, flotando se llevan la preciosa carga para perderse entre las nubes. Mientras aquí, en la tierra y su vulgaridad, un hilo de sangre corre desde la sien de mi madre hasta tocar el piso, el piso de tierra. De esta tierra que tanto amó y defendió con su canto y su guitarra. Obstinada y resuelta, hoy fundiéndose en ella, por los siglos de los siglos. Realizando el milagro tan esperado. Tierra y sangre. Madre Tierra. Hermanas de sangre juntas, por fin. Hágase su voluntad.
Así lo decidió mi madre.
Yo no escuché el estampido. A más de doscientos kilómetros, no intuí, no presentí. Ningún aviso mágico. Nada. La magia no existe.
Un amigo lo escuchó en la radio, en el noticiero de las tres de la tarde. Con cariño y firmeza dijo: “tu madre se suicidó”. A pesar del intenso calor veraniego, sentí frío.
Tengo veintitrés años, un hijo pequeñito, una mujer tierna y segura. Partimos de inmediato a Santiago. Tres horas después llegamos a la “carpa de la reina”. Lágrimas intermitentes, dos sentimientos. Alegría por su liberación, tristeza por su ausencia que pensé definitiva. Error, desde ese día, su presencia no ha dejado de acompañarme.
Cientos de anónimas personas, luego serían miles, comenzaban a rodear la carpa. Fragancias diferentes emanaban de los ramos de flores. Colores y formas distintos, según la personas. Me detuve por un momento en un ramo de clavelinas, quise pedírselo a esa muchacha para ser yo quien se lo llevara. Flores silvestres. Como ella decía, sin buscar la belleza, simplemente el gesto. Las mismas flores que había mencionado por sus nombres en la tonada “La jardinera”.

Para mi tristeza violeta azul
Clavelina roja pa’ mi pasión
Y para saber si me correspondes
Deshojo un blanco manzanillón
Si me quieres mucho poquito nada
Tranquilo queda mi corazón.

Carmen Luisa, mi hermana menor, de quince años por esos días, vivía con ella en la carpa. Mi hermana Isabel y yo ya estábamos enrielados, en nuestros propios caminos, ella con su vida y yo en lo mío. Empezando a jugar a ser adultos.
Poco tiempo antes de tomar esta decisión definitiva, mi madre terminaba su relación amorosa con Gilbert Favre, “El gringo”. “Run run se fue pal’ norte”. ¿Cuál norte? El que él andaba buscando, un norte que le perteneciera solo a él.
Quién puede mejor que ella, mi madre, dar cuenta, a quien le interese – sé que hay muchos – desentrañar esta ruptura, solo ella. Explicándose a sí misma las razones de tal separación. Por eso escribía, para desenredar las madejas del alma, creo oírla. Donde tanto amor existió, hoy solo vacío y desolación.
“Run run se fue pal’ norte”, lo dice todo. No hay misterios, ahí está la profunda verdad.

En un carro de olvido, antes del aclarar,
de una estación del tiempo decidido a rodar
Run Run se fue pa’l norte, no sé cuándo vendrá
vendrá para el cumpleaños de nuestra soledad.
A los tres días carta con letras de coral,
me dice que su viaje se alarga más y más,
se va de Antofagasta sin dar una señal

y cuenta una aventura que paso a deletrear.
Ay, ay, ay, de mí.
Al medio de un gentío que tuvo que afrontar
un trasbordo por culpa del último huracán,
en un puente quebrado cerca de Vallenar,
con un cruz al hombro Run Run debió cruzar.
Run Run siguió su viaje, llegó al tamarugal
sentado en una piedra, se puso a divagar,
que sí, que esto, que lo otro, que nunca, que además,
que la vida es mentira, que la muerte es verdad.
Ay, ay, ay, de mí.
La cosa es que una alforja se puso a trajinar
sacó papel y tinta y un recuerdo quizás
sin pena ni alegría, sin gloria ni piedad,
sin rabia ni amargura, sin hiel ni libertad,
vacía corno el hueco del mundo terrenal,
Run Run mandó su carta por mandarla no más.
Run Run se fue pa’l norte, yo me quedé en el sur
al medio hay un abismo sin música ni luz.
Ay, ay, ay, de mí.
El calendario afloja por las ruedas del tren
los números del año por el filo del riel
más vueltas dan los fierros, más nubes en el mes,
más largos son los rieles, más agrio es el después.
Run Run se fue pa’l norte qué le vamos a hacer
así es la vida entonces, espinas de Israel
amor crucificado, corona del desdén;
los clavos del martirio, el vinagre y la hiel.
Ay, ay, ay de mí.

Gilbert vino navegando desde su país, Suiza, a descubrir el continente latinoamericano. Pintor y carpintero, gentil y divertido, aprendiz de todo en la comédie suisse, en la ciudad de Ginebra, trató de aprender a tocar el clarinete, sin resultados probatorios, buscavidas, cambia de oficios; amante del bee-bop y del buen vino.
Bienvenido entre las damas. Vivió un tiempo entre los gitanos de Granada, buscando acercarse al flamenco. Alma aventurera, decide embarcarse hacia América del Sur, acompañando a un antropólogo en una expedición al desierto de Atacama. Expedición que abandonó después de algunos roces con el científico que la dirigía. Resuelve entonces descubrir el país por cuenta propia.
Al llegar a Santiago preguntó por Violeta, estaba informado de que ella era quien investigaba la música folklórica, y mucho más, el alma popular. Fue de esa manera que llegó hasta la casa de mi madre justo el día de su cumpleaños. Un 4 de octubre. Yo lo conduje a ese encuentro.
Celebraron intensamente, querían conocerse, se integró de forma inmediata. Eran dos seres que se andaban buscando. La amalgama resultó rapidito. Interesados en avanzar juntos, sin plazos ni fechas. Cinco años para descubrir un mundo extraño y fascinante. Ese fue el tiempo que demoró Gilbert, en desentrañar los misterios que le ofrecía el mundo de Violeta Parra.
Suave y tosco a la vez, se notaba a la legua que había estado demasiado tiempo solo. Dos solitarios que se encuentran necesitan tiempo para cambiar modos y costumbres. De alguna manera pierden la libertad. Pasar del yo al nosotros, les significó tiempo.
Ella, carácter apasionado, tierno y explosivo. ¿Dominante? Sin duda. Años amorosos y tormentosos se dibujaban a cuatro manos, en el horizonte.
Después de la separación, fue Bolivia la estación de término en el continente latinoamericano. Nueva tierra de acogida para Gilbert.
Mi madre no lo retuvo, al contrario, lo estimuló. La relación estaba mustia, fatigada, lo fue a visitar, convencida de que no habría vuelta atrás. Lo conversamos sin lágrimas de su parte. Se encantó con el pueblo boliviano.
Un par de intentos fallidos por reparar la frágil vasija del amor. Resultado, constatación de lo que ya sabía, los amores nacen, viven y mueren. Sin embargo, en estos viajes, no perdió el tiempo en querellas de desventurados amores. Con sus nuevas canciones, impactó a ese pueblo, “Gracias a la vida”, “Volver a los diecisiete”, “Maldigo”, “Rin del angelito”, se oían en las radios. Verdadero contacto con el público boliviano. Partidaria decidida de devolver las costas y el mar. Al contestar el teléfono en la peña “Naira” en lugar de decir: aló, se le oía “mar para Bolivia”.
En el mercado de La Paz, en las humildes tiendas, su fotografía estuvo presente durante mucho tiempo. Volvió a Chile con grupos de música folklórica boliviana, que presentaba en la carpa de La Reina. “Estos dos pueblos se necesitan”, decía, y los abrazos culturales ella los hacía realidad.
Para Gilbert era demasiado tarde. Su fuente amorosa se había secado. Llegó un día como regalo de cumpleaños y fue el más bienvenido de todos. Se fue quedando. Encontró en mi madre todo lo que le había faltado tanto tiempo. Una mujer fuerte, creativa, enamorada de su trabajo, libre como el viento. Un país a descubrir, una familia. Nosotros.
Al tercer día de su presencia en casa, se acercó a mí, entre cómico y solemne. “Tengo algo que decirte”, dijo en su reciente castellano. Mi madre le explicó que si él quería instalarse con ella en casa, debía pedirle al hijo hombre de la casa, la mano de la madre.
Lo hizo torpe y tiernamente. Accedí a su pedido, agradeciéndole; su presencia me abría espacios de libertad, complicidad compartida.
En el pueblo donde terminó sus días “Roussin”, nos acordábamos, reímos y lloramos, brindando por lo vivido. Hasta su muerte mantuvimos una relación de amistad y cariño.
Lo recuerdo en el año sesenta y cinco, después de aquella dolorosa y maravillosa aventura, la exposición de mi madre en el Museo del Louvre. De regreso en Chile hicimos un disco de música de inspiración andina, “Ángel Parra y el tocador afuerino”. Mi mamá le puso ese apodo. Ya se vislumbraba la ruptura. Afuerino se les llama a las personas que no pertenecen al lugar.
Al cabo de algunos años de rodar y lidiar con los grupos musicales en Europa, y la verdad hay que decirla, lo explotaban, Gilbert decidió terminar con la música y sus relaciones altiplánicas. Fatigado de manera definitiva, me confió que destruyó una a una las quenas y flautas andinas, las que dominaba a la perfección.
Decidido a no tocar nunca más ese instrumento, se dedicó a la observación de las estrellas.
Corría el año ochenta y siete cuando le propuse que me acompañara en un tema al cual su instrumento le venía de perillas. Me costó mucho convencerlo de romper su decisión de no volver a tomar en sus manos una quena. Si aceptó, lo hizo solo por cariño a nuestro pasado, a la amistad mantenida. Después de mucho tiempo trascurrido, a veinte años de la muerte de la mujer que un día había amado.
Nos proyectábamos las historias vividas, como una película, en la cual nosotros no habíamos actuado.
Momentos más buenos que malos, Santiago, Buenos Aires, Paris, Ginebra, la primera exposición de mi madre en Argentina. Los bastidores de los cuadros, los hacía Gilbert. Violeta avanzaba, pintaba uno tras otro. Él recordaba esos momentos con nitidez y alegría; también otros, con rabia, borrosos.
Buscaba expresarse artísticamente pero no sabía cómo. El trabajo con mi madre lo hacía posponer indefinidamente su propia búsqueda; eso lo frustraba, pero no era egoísta, aceptaba.
La cámara cinematográfica que le regaló mi madre fue algo muy importante para él, porque era uno de los caminos que quería explorar, aunque jamás hiciera una película.
La más bella aventura que vivieron como pareja fue conquistar el fuerte inexpugnable, el Museo del Louvre. Punto culminante para Violeta.
Rue Monsieur le Prince en París, L’escale, “La Candelaria”, el número quince de la rue Voltaire en Ginebra, Suiza. Para mí, momentos de privilegios, testigo inconsciente. Dejaba transcurrir la vida, sin darle importancia, recibiendo lo que se me ofrecía. Juventud divino tesoro. Tanto compartido sin saberlo. Bendita inocencia.
Miro hacia atrás sin pasión, no me corresponde. Gilbert con su eterno cigarrillo en los labios, apagado, en la casa de La Reina. En esa época ya tenía dificultades respiratorias. Mi madre le condenaba el cigarrito. Yo, escondido, le pedía uno.
Llegó con un clarinete y sus discos de George Brassens y salió de las manos mágicas de mi madre convertido en el primer intérprete de la quena, de todos los altiplanos.
Gilbert aprendió mucho con ella. A lo humano y a lo divino. Como todos nosotros, el silabario completo. Solo teníamos que ser pacientes y escuchar, sabía perfectamente lo que quería sacar afuera de cada uno de nosotros.
Durante los años que pasaron juntos, recíprocamente se entregaron amor y ternura, celos y dolores. Como todas las parejas, ni más ni menos. Mi madre, en su desmesura genial y brutal, quería todo al instante y, ese todo, era mucho esfuerzo, trabajo, disciplina. Para personas vulgares y silvestres como nosotros, imposible, a pesar del empeño.
Violeta quería a su madre, a su pueblo, a sus hermanos, a sus hijos, a sus amores, en la misma lucha, todos juntos. Unir, juntar fuerzas con el objeto de ganar batallas todos los santos días. Fortalecer a los débiles para protegerse de los ataques de los más fuertes. Y las ganaba.
No debe haber sido fácil para el Gringo. Para Gilbert fueron años de formación, de escuela de crecimiento como ser humano y, como todos los estudiantes, cuando se recibió, con el diploma en la mano, se fue. Al comienzo no lo lució en la oficina del alma, con el tiempo se enorgulleció. El resto de la historia les pertenece solo a ellos.

(Roberto Parra)

Tengo una mina en Mapocho,
desarma’ como paraguas.
Le pegaron un mandoble,
quedó como pera de agua.
Tengo una mina en Mapocho.

La llevé a el San Luis
a mi Titina,
le recetaron baño,
pinicilina.

Pinicilina, sí,
pobre María,
le echan sulfato ’e cobre
a sangre fría.

Le echaron sulfureto,
¡falta ’e respeto!

(Roberto Parra)

Me roban por la ventana
del micro un par de lentes.
Por ir con la java abierta
escarbándome en los dientes
me roban por la ventana.

El ”a chorro” dejó
la polvadera,
a un viejuco le quita
la billetera.

La billetera, sí,
a mi chiquilla,
el reloj de pulsera,
la gargantilla.

Le quitó los anteojos
a otro pitiojo.

(Ángel Parra)

Para cantar, vidita,
nunca me falta un pretexto,
afino por segunda alta
y hago bailar a los muertos.

Me gusta ver cuando el sol
se esconde por allá atrás
dándome su lucecita
pa’ que te pueda mirar.

Aunque no soy el mejor
porque la voz me traiciona
de cuando en cuando a la vida,
le canto una copla mocha.

Yo quisiera encontrarme
a la muerte en una esquina,
preguntarle si en su sombra
canta el gallo o la gallina.

Pobre de aquél que cante
con instrumentos presta’os,
antes que llegue el cogollo
ya se lo habrán retira’o.

Preguntitas sobre Dios

Mayo 10, 2008

(Atahualpa Yupanqui)

Un día yo pregunté:
¿Abuelo, dónde esta Dios?
Mi abuelo se puso triste,
y nada me respondió.

Mi abuelo murió en los campos,
sin rezo ni confesión.
Y lo enterraron los indios
flauta de caña y tambor.

Al tiempo yo pregunté:
¿Padre, qué sabes de Dios?
Mi padre se puso serio
y nada me respondió.

Mi padre murió en la mina
sin doctor ni protección.
¡Color de sangre minera
tiene el oro del patrón!

Mi hermano vive en los montes
y no conoce una flor.
Sudor, malaria y serpientes,
es la vida del leñador.

Y que naide le pregunte
si sabe dénde esta Dios:
Por su casa no ha pasado
tan importante señor.

Yo canto por los caminos,
y cuando estoy en prisión,
oigo las voces del pueblo
que canta mejor que yo.

Si hat una cosa en la tierra
más importante que Dios
es que naide escupa sangre
pa’ que otro viva mejor.

¿Qué Dios vela por los pobres?
Tal vez sí, y tal vez no.
Lo seguro es que Él almuerza
en la mesa del patrón.